ASSEMBLEE GENERALE DU CONSEIL
PONTIFICAL COR-UNUM
La 28ème Assemblée du Conseil Pontifical s’est réunie à Rome du 28 février au 1er mars, sur le thème : „Les qualités humaines et spirituelles de ceux qui travaillent dans les organisations caritatives catholiques“.
Marina Costa, Présidente Internationale et membre du Conseil Pontifical « Cor Unum » a représenté l’AIC.
La perspective doctrinale qui a inspiré et illuminé les travaux est basée sur les enseignements du Saint Père dans sa première Encyclique „Deus Caritas est“. Un objectif pastoral a guidé le déroulement de la réunion: la formation intégrale des “acteurs“ du secteur caritatif.
L’allocution d’ouverture du Cardinal CORDES et du Secrétaire Général, Monseigneur Kastel sur les activités du Conseil lui-même, a été suivie d’un exposé sur le thème de l’Assemblée présenté par le Président de « Catholic Charities » des Etats-Unis, le Rev. Larry Snyder ; et une réflexion du professeur Peter Schallenberg sur le thème “ La place de la miséricorde dans l’Etat social”. Ensuite, les interventions de tous les membres ont souligné les points les plus importants, pour que l’éthique de l’Amour, qui doit présider à toute oeuvre de charité envers les pauvres, ne soit pas dénaturée sous prétexte de rechercher une meilleure efficacité.
Comme l’a dit Monseigneur Rouco Varela, Cardinal Archevêque de Madrid, former les acteurs du secteur socio-caritatif de l’Eglise - les professionnels et les volontaires – implique une introduction à l’intelligence et l’expérience intégrale du Mystère de l’amour : l’amour du Christ, dont l’Eglise est l’instrument et le signe pour la vie dans le monde.
Cette tâche est aujourd’hui plus urgente et importante qu’à d’autres époques: l’orgueilleuse conscience de soi de l’homme actuel et de son pouvoir sur la nature et l’être humain lui-même, l’ont rendu plus vulnérable que jamais à la tentation de faire „des bonnes oeuvres“ adaptées à son image et „pour sa gloire“, la gloire de l’homme et non pas pour la gloire de Dieu.
Pour que les acteurs du secteur socio-caritatif vivent de façon croissante dans l’Amour du Christ, il faut qu’ils participent à la vie d’une communauté chrétienne, que se soit de leur diocèse ou de leur association, en vivant chaque jour en communion de parole, de prière et de diaconat au service de leurs frères. C’est de cette manière, profondément enracinée dans la vie ordinaire et l’expérience personnelle et communautaire de l’Eglise, que croîtra la personnalité véritablement chrétienne et engagée des acteurs du secteur socio-caritatif. Ainsi, la „civilisation de l’Amour“ s’implantera toujours davantage et les pauvres seront évangélisés.
Le Saint Père a reçu en audience les membres du Conseil Pontifical et à cette
occasion, il a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui
travaillent dans le domaine caritatif, manifestant par
leurs actions que l’Eglise est présente de manière concrète
aux côtés de ceux qui souffrent de la pauvreté et des
injustices. CONFERENCE
GENERALE DES ONG, PARIS, 14 AU 16 DECEMBRE 2005
La Conférence Internationale des ONG se tient
tous les deux ans. Elle définit les objectifs
du Comité de Liaison, qui est l’intermédiaire
entre les 329 ONG, dont l’AIC, qui entretiennent
des relations officielles avec l’UNESCO. Il assure
de façon permanente la coordination et la continuité
de la coopération collective des ONG avec l’UNESCO.
C’est pourquoi un des moments importants de la
Conférence est l’élection du Comité
de liaison qui est constitué de 9 ONG et qui,
comme son nom l’indique, assure le lien entre
les ONG et l’UNESCO. Les deux OIC (ONG catholiques)
qui se sont présentées ont été
élues. Il s’agit de l’OIEC (Office
International de l’Enseignement Catholique) et
de Pax Romana.
Les élections étaient suivies par deux
tables rondes :
1. «Education au service du développement
durable: promouvoir les valeurs» L’Unesco
a en effet reçu mandat de l’ONU de promouvoir
la décennie de l’éducation en vue
du développement durable en complément
de l’action qu’elle mène depuis des
décennies en faveur de l’Education pour
tous. L’éducation pour le développement
durable doit permettre à chaque être humain
d’adopter des conduites et des pratiques fondées
sur le respect des autres, sur la diversité,
le respect de la dignité et des droits humains
des générations actuelles et futures.
2. ONG-UNESCO, 60 ans de coopération
On a beaucoup entendu que les ONG et la société
civile au sens large avaient un rôle de plus en
plus important à jouer dans les instances internationales
comme l’Unesco et même l’ONU et qu’il
était essentiel d’établir avec elles
un véritable partenariat. Les ONG ont pourtant
un certain malaise traduisant un réel fossé
entre les discours officiels et la réalité
des faits. Leurs points de vue ne sont pas toujours
pris en considération par le Secrétariat
et les états membres. Il a aussi été
dit et répété que les finances
de l’Unesco sont de plus en plus mauvaises. Peut–on
alors espérer que les subventions obtenues jusqu’ici
au titre du programme de participation soient renouvelées
?
·
Outre les tables rondes, trois ateliers étaient
organisés par les différentes commissions
programmatiques mixtes en lien avec le thème
du développement durable.
1. Le rôle des médias. Dans cet atelier
une journaliste marocaine a présenté deux
expériences au Maroc: l’Ecole de l’égalité
et de la citoyenneté initiée par la Ligue
démocratique pour les droits de la femme et la
coopérative de l’huile d’argan. Ces
deux expériences, en lien avec le développement
durable par les actions de formation et d’alphabétisation
d’une part, et l’engagement de préservation
de l’environnement qu’elles impliquaient
d’autre part, ont été largement
relayées par les médias, la presse en
particulier. Elle a conclu par cette phrase de Saint-Exupéry
qui illustre si bien le développement durable:
«nous n’héritons pas de la terre
de nos ancêtres, nous l’empruntons à
nos enfants.» (Aliette de Maredsous)
2. Education et Formation au Développement Durable
en milieu urbain, dont l’intervenant le plus remarquable
a été Fulgence KONE, de l’Office
International d’Enseignement Catholique et membre
du Comité de Liaison. Le constat absolument général
autour de la table du rôle primordial à
accorder à la famille et aux parents dans l’éducation,
était frappant à un moment où la
rue et la bande prennent le pas. Et en amont, à
l’éducation de la femme et à son
« empowerment » pour l’aider dans
son rôle d’éducatrice. Il est urgent
de renverser la balance, de donner à tous les
niveaux (y compris aux enfants) des outils de sensibilisation,
de créer des lieux de rencontre et d’écoute,
de promouvoir les sports d’équipe à
l’école, en ne négligeant pas –
bien évidemment – les services et rapports
avec les autorités locales.
Le sujet est vaste et il a été rappelé
que l’Education Pour Tous était LE programme
numéro un de l’UNESCO, toile de fonds de
toutes les problématiques. C’était
Solange Choppin de Janvry, représentante de l’AIC,
qui a fermement insisté sur le fait que justement
le terrain pratiquait cet « empowerment »
réclamé par tous et pour tous en vue de
développement durable, avec mission de faire
remonter à l’Unesco pour qu’il y
ait travail puis solutions à apporter. (Christine
Desveaux)
3. Les femmes actrices du changement dans la lutte contre
la pauvreté. A l’exemple du micro-crédit
cet atelier démontrait le lien étroit
entre le développement durable et l’éducation
et la formation des femmes. Les projets micro-crédit
présentés venaient de tous les continents.
Il s’agissait de projets de recherche scientifique,
de programmes de micro-crédit, de projets de
la base – dont un projet de l’AIC Philippines,
financé en partie en partenariat avec l’AIC
Japon, présenté par Anne Sturm –,
de projets en milieu urbain ou rural, ou de projets
pour le financement du petit commerce, pour l’artisanat
ou l’agriculture. Tous ces projets montraient
le rôle clé de l’éducation
et de la formation des femmes concernées. Formation
et éducation, outils d’empowerment des
femmes ouvrent le chemin au micro-financement même
aux femmes les plus pauvres, indigènes et analphabètes.
Par le micro-crédit les femmes peuvent passer
leur héritage culturel et leurs expériences
de vie et contribuer à un développement
durable en faveur de leurs familles et communautés.
(Véronique Vilaseca)
En conclusion «Contre les menaces de l’environnement,
le développement durable, notion récente,
se présente comme un projet de civilisation permettant
l’union entre les hommes en quête d’un
mieux vivre, donc d’un mieux être».
Quatre piliers soutiennent le développement durable
: le pilier économique, le pilier social, le
pilier environnemental et le pilier culturel.
Le texte peut être demandé au Secrétariat
international de l’AIC
58ème Conférence
Annuelle DPI/NGO, Nations Unies, New York, 7-9 Septembre
2005.
Notre Défi : Voix pour la paix, Partenariat et
Renouveau.
De nombreuses propositions visant à renforcer
l'organisation des Nations Unies donnent la priorité
au développement, à la sécurité
et aux droits de l'homme. La communauté des ONG
s'inquiète de voir que les structures actuelles
de l'Organisation ne facilitent pas les relations entre
la société civile et les Etats Membres.
Ces relations devraient apporter des changements significatifs
permettant aux Nations Unies de faire face plus efficacement
aux défis du 21ème siècle. Comme
l'a souligné le rapport du Panel d'experts sur
les relations Nations Unies–Société
Civile, il existe beaucoup de propositions innovantes
pour améliorer l'engagement de l'Organisation
envers la société civile. La plupart des
ONG préconisent un dialogue approfondi et soutenu
entre les Etats Membres et les principaux responsables,
particulièrement en ce qui concerne les changements
structurels visant l'amélioration des politiques
et programmes ainsi que le respect des engagements de
chaque partie.
L'AIC fait partie des ONG qui luttent pour un dialogue
approfondi et soutenu, source de changements en faveur
des pauvres, surtout des femmes souffrant de toutes
sortes de pauvretés. L'AIC était représentée
à cette conférence par l'ex-Présidente
Internationale de l'AIC, Anne Sturm et un membre du
Comité Exécutif de l'AIC-République
Dominicaine, Cruz Maria de León. Elles
ne sont pas contentées de prendre part aux débats
et discussions, elles ont aussi organisé un des
Ateliers Interactifs du Midi intitulé "Des
Voix pour la Paix : Violence Envers les Femmes –
une Violation des droits et de la Dignité de
l'Homme". Elles ont parlé de "Violence
en relation avec la Pauvreté" et ont indiqué
des pistes pour sortir du terrible cycle de la pauvreté
et de la violence domestique. Charlotte Bunch, du Centre
pour un Leadership Global des Femmes, a, quant à
elle, parlé de "Violence et Droits de l'Homme".
Le Professeur Blanche Weisen Cook a fait une présentation
sur "La Violence envers les Femmes en temps de
Guerre". Ce sont trois aspects importants de la
violence envers les femmes qui ont certainement intéressé
beaucoup de participants.
L'objectif le plus important des ateliers était
de formuler des propositions pour la 59e session de
l'Assemblée générale des Nations
Unies qui débute le 14 septembre. Son Président,
Jean Ping, participera à la Conférence
des ONG et présentera leur réquisitoire
à l'Assemblée Générale.
Les représentantes AIC ont dénoncé
la violence domestique comme étant un crime (ce
qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays), crime qui
ne doit pas uniquement être mentionné dans
les conventions mais confirmé par des sanctions
dans une législation nationale concrète.
Enfin, les représentantes AIC ont veillé
à ce que le combat contre la pauvreté
des femmes soit au cœur de l'engagement international.
L’AI C représentée
aux conférences NU/DPI/ONG sur la mise en place
des objectifs de développement du millénaire
établis par les leaders mondiaux. (septembre
2004)
ANNE STURM, Présidente Internationale
AIC, ROSE DE LIMA RAMANANKAVANA, Vice-présidente
AIC (Madagascar), et MADELEINE MORRISSEY
(USA), principale représentante de l’AIC
aux NU à New York, ont représenté
l’AIC à la 57e Conférence Annuelle
des Nations Unies pour le Département d’Information
Publique/des ONG au siège à New York,
du 8 au 10 septembre 2004. Intitulée “les
Objectifs de Développement du Millénaire
: la Société Civile Entre en Action”,
la conférence a mis en évidence le rôle
des ONG, de la société civile et des gouvernements
dans la mise en oeuvre des huit Objectifs de Développement
du Millénaire (ODM) qui ont été
adoptés par 189 Etats Membres des Nations Unies
en 2000.
Les délégués de la Conférence
ont pris part à 5 sessions plénières
avec des responsables de gouvernements, de l’Agence
des Nations Unies, des ONG, de la société
civile et de communautés locales pour évaluer
les progrès réalisés par chaque
secteur concernant les objectifs. Les programmes qui
ont bien fonctionné ont été examinés
et seront reproduits, des stratégies possibles
pour augmenter les ressources nécessaires à
la mise en oeuvre des ODM ont été proposées,
et l’opinion publique devra être davantage
sensibilisée aux ODM.
Lors de la session de clôture, Jacques Attali,
Président du PlanNet Finance, a déclaré
que : “Les gouvernements ne pourront pas atteindre
seuls ces objectifs et ce n’est pas non plus du
ressort des corporations privées. Pour atteindre
ces objectifs, il faudra faire appel à des valeurs
telles que l’intelligence, la fraternité,
le respect d’autrui, la tolérance, la curiosité,
le volontariat, la joie de faire plaisir, le fait que
rendre quelqu’un heureux prenne le pas sur des
valeurs de nation et de marché. Ou toutes autres
valeurs qui impliqueraient la notion d’action
humanitaire et bénévole. Il a aussi proclamé
que :
“Un monde sans pauvreté est possible
si la micro finance devient une priorité, la
micro finance étant la seule façon dont
les êtres humains puissent gagner leur vie et
ainsi réaliser leurs rêves. Un monde fraternel
est possible. Tout un chacun devrait avoir avoir accès
aux ressources élémentaires que sont l’eau,
l’air, la nourriture, le logement, la connaissance
et la liberté. Même si ces projets ne peuvent
pas être réalisés du jour au lendemain,
ils peuvent rapidement être mis en place : vous,
les ONG, vous avez en effet démontré depuis
longtemps, que réaliser l’impossible était
pour vous un défi ».
Jeffrey Sachs, Conseiller Spécial auprès
du Secrétaire Général des NU pour
les Objectifs du Développement du Millénaire
a déploré le fait que la communauté
internationale était plus encline à financer
la guerre que la paix. Si les pays industrialisés
étaient prêts, comme promis, à verser
0.7% de leur Produit National Brut (PNB), c’est-à-dire
les 60 milliards de dollars manquants, les ODM pourraient
être mis en place en 2015. A condition que l’aide
financière et commerciale soit accordée
par les pays riches et que les gouvernements nationaux
commencent à travailler sur les réformes
nécessaires. Il a, en outre, déclaré
que les 11 années qui nous séparent de
2015, suffisaient pour que les ODM deviennent réalité
et que la vie des 3 millions d’enfants qui meurent
chaque année de Malaria en Afrique soit ainsi
sauvée. Mais cela nécessite des actions
spécifiques, bien ciblées, qui constituent
un investissement pour le futur de la planète
et de l’humanité.
Malgré le milliard de gens qui luttent contre
la pauvreté et les 10 millions qui perdent ce
combat chaque année, il serait possible d’éradiquer
la pauvreté en 2025, à condition que les
leaders mondiaux aient la force morale et la ferme détermination
de prendre ces objectifs au sérieux et de définir
des actions concrètes.
Cela a été confirmé dans les 30
Ateliers du Midi, dont un était sponsorisé
par l’AIC en collaboration avec le Fond pour les
Enfants Chrétiens (CCF). Le thème était
: « Les Enfants et les Objectifs de Développement
du Millénaire : Eradication de l’Extrême
Pauvreté et de la Faim ». Les orateurs
ont mis l’accent sur la perception qu’ont
les enfants de la pauvreté (Daniel Wordsworth
CCF), ses causes et conséquences (Alberto Minuhin
UNICEF), et les solutions nécessaires (Rose de
Lima Ramanankavana AIC). Elle a développé
les initiatives prises à Madagascar : une campagne
à l’échelle nationale pour sensibiliser
l’opinion publique, les compétences des
parents, des services de formations et des services
légaux pour éduquer et rendre le pouvoir
aux parents. Elle a souligné le lien entre le
fait de rendre le pouvoir aux parents et la réduction
du risque de pauvreté pour leur enfants. L’atelier
était dirigé par Anne Sturm et Madeleine
Morrissey en était la secrétaire.
Rose de Lima était l’une des 6 représentantes
choisies pour présenter le compte rendu des ateliers
et des discussions en session plénière
: dans certains pays, des progrès remarquables,
dus principalement à la pression de la base et
des lobbys au sein des gouvernements ont été
constatés. Dans d’autres régions,
par contre, aucune amélioration n’a été
signalée.
Comme Jeffrey Sachs, tous ont remarqué que les
projets resteraient lettre morte, s’ils ne rencontraient
pas l’engagement définitif des gouvernements
et des acteurs globaux à créer des conditions
équitables au niveau mondial pour le commerce,
l’économie, l’agriculture et la lutte
contre la corruption et les conflits armés, afin
de permettre à tous les êtres humains de
vivre en paix et dans la justice.
Pour de plus amples informations consulter le site
:www.un.org/dpi/ngosection/57conf.html
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