Le Deuxième Sommet mondial pour le développement social est organisé à Doha, au Qatar, du 4 au 6 novembre 2025. Dans l’article ci-dessous, MaryAnn Dantuono, représentante AIC auprès des Nations unies, fait le point sur le travail des institutions internationales pour lutter contre la pauvreté, depuis le premier Sommet mondial pour le développement social organisé à Copenhague en 1995. Elle réfléchit à la dynamique actuelle au sein des Nations unies pour lutter contre la pauvreté, et au travail de plaidoyer des représentantes AIC, qui souhaitent s’assurer que le sans-abrisme fasse partie de l’agenda mondial de lutte contre la pauvreté ainsi que des discussions lors du Deuxième Sommet social mondial.
L’impact du premier Sommet social mondial
Il y a 30 ans, 171 chefs d’État se sont réunis à Copenhague, au Danemark, lors du Sommet mondial des Nations Unies pour le développement social. En 1995, il s’agissait du plus grand rassemblement de dirigeants mondiaux jamais organisé, avec plus de 14 000 participants, dont des délégués de 186 pays, 117 étant représentés au niveau des chefs d’État ou de gouvernement.
Lors du Sommet, les gouvernements se sont engagés à faire de la lutte contre la pauvreté, de l’objectif du plein emploi et de la promotion de l’intégration sociale les objectifs prioritaires du développement. À l’issue du Sommet, les gouvernements ont adopté une Déclaration et un Programme d’action qui représentaient un nouveau consensus sur la nécessité de placer les personnes au centre du développement, afin de faire progresser le développement social au moyen de 10 engagements.
La Déclaration de Copenhague sur le développement social et son Programme d’action guident depuis lors l’action multilatérale en matière de développement social. La Commission des Nations Unies pour le développement social, qui se réunit chaque année, suit et encourage les progrès réalisés dans le cadre de la Déclaration de Copenhague.

Les 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies ont placé l’élimination de la pauvreté comme premier objectif du développement
L’élimination de la pauvreté et du sans-abrisme deviennent de nouvelles priorités de l’ONU
Suite à cette initiative, l’ONU s’est concentrée sur l’élimination de la pauvreté dans les Objectifs du millénaire pour le développement et, plus récemment, dans les Objectifs de développement durable (ODD). Cependant, alors que nous célébrons le 30e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague et que nous avons parcouru plus de la moitié du chemin vers les ODD (adoptés en 2015, à atteindre en 2030), l’objectif d’élimination de la pauvreté reste difficile à atteindre. En réalité, les inégalités s’accroissent et les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde subissent les pires effets des défis mondiaux (voir le Rapport sur les objectifs de développement durable 2023).
Les Vincentiens le savent bien, eux, qui travaillent sans relâche avec les personnes en situation de pauvreté pour leur permettre de sortir de la pauvreté. Ils tentent aussi d’ éliminer les causes systémiques de la pauvreté, dont le sans-abrisme. Cette thématique a fait l’objet d’une nouvelle initiative en 2023 aux Nations Unies. Lors de sa 78e session, l’Assemblée générale a adopté la résolution A/78/261 visant à créer un Deuxième Sommet social mondial, ainsi qu’une résolution sur le sans-abrisme (A/78/236). Celle-ci, intitulée « Politiques et programmes inclusifs visant à lutter contre le sans-abrisme », demandait au Secrétaire général de préparer un deuxième rapport sur le sans-abrisme en 2025, pour faire le point sur les progrès réalisés dans ce domaine. Dans son rapport (78/211), le Secrétaire général a souligné la nécessité de prendre des mesures audacieuses et transformatrices pour relancer les progrès et atteindre à la fois les objectifs de Copenhague et les ODD.
Saisir l’instant
La dynamique de lutte contre la pauvreté est palpable à l’ONU. Afin d’en tirer parti et de combattre le sans-abrisme, le Groupe de travail pour mettre fin au sans-abrisme, dont font partie les représentantes AIC, a pu rencontrer la Vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina J. Mohammed. L’objectif était d’étudier les moyens d’intégrer le sans-abrisme dans ce programme. Les membres du Comité exécutif Jim Claffey, Tiffany Connolly, Mary Ann Dantuono, Jean Quinn, Jackie Shapiro et le Dr Ify Ofong (voir photo ci-dessous), qui a également organisé cette réunion, ont participé à cette réunion très fructueuse en mars 2024. Le Groupe de travail et Amina J. Mohammed ont élaboré une stratégie visant à établir un lien étroit entre le sans-abrisme et le programme de lutte contre la pauvreté.

Le Groupe de travail pour mettre fin au sans-abrisme (avec MaryAnn Dantuono, représentante AIC, à gauche) avec la Secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina J. Mohammed (au centre, habillée en vert)
Les représentantes AIC, ont beaucoup travaillé avec les États membres de l’ONU, en effectuant des visites et en menant des actions de plaidoyer au cours de l’année écoulée, afin d’inclure le sans-abrisme dans la Déclaration politique du Deuxième Sommet mondial pour le développement social, plus connue sous le nom de Déclaration de Doha. Elles souhaitent également faire progresser d’autres priorités dans le cadre de l’objectif d’élimination de la pauvreté (Objectif de développement durable n° 1), telles que les systèmes et les socles de protection sociale universels.
Dans le domaine de l’emploi (ODD n° 8), les représentantes AIC ont demandé aux États membres de ratifier et de mettre pleinement en œuvre toutes les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), de reconnaître l’importance du travail du ‘Care’ et de mettre en place des systèmes de soins qui favorisent aussi bien les droits des soignants que ceux des destinataires.
Pour faire progresser l’objectif d’inclusion sociale (ODD n° 10), les États membres doivent adopter des lois qui éliminent les formes multiples et croisées de discrimination fondées sur les désavantages sociaux et économiques et faire de la technologie numérique un « bien public ».
En outre, un nouveau domaine proposé à l’examen sur la base des préoccupations environnementales récentes consiste à renforcer la résilience sociale. Nous avons demandé aux États membres de promouvoir les droits des peuples autochtones sur les terres, les territoires et les ressources et d’investir dans des systèmes de surveillance et d’alerte précoce ainsi que dans la préparation aux crises.
La plupart de ces demandes figurent dans la Déclaration politique qui a été adoptée par consensus en septembre 2025 et qui sera adoptée lors du Sommet de Doha, au Qatar, du 4 au 6 novembre 2025.

L’AIC coparraine un événement parallèle lors du Deuxième Sommet social mondial à Doha, intitulé « Travail décent et opportunités d’emploi : approches orientées vers l’action pour autonomiser les générations futures de femmes et de filles »
En tant que représentantes AIC, nous sommes sont très engagées et pensons que le Deuxième Sommet social mondial de 2025 redynamisera le soutien aux engagements pris à Copenhague. En effet, il devrait s’aligner sur les Objectifs de développement durable des Nations unies et les nouveaux efforts visant à mettre fin au sans-abrisme, tout en mobilisant l’action collective sur les questions sociales les plus urgentes dans le monde.
Article rédigé par : MaryAnn Dantuono



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